Le traitement des hydrocarbures dans les eaux constitue l'une des prestations les plus fréquentes des sociétés de dépollution. Que ce soit pour des eaux d'exhaure de chantier, des eaux souterraines contaminées ou des effluents industriels, le choix de la technologie dépend de la nature des hydrocarbures (légers/lourds, solubles/insolubles), des concentrations et du débit à traiter.

Prétraitement : séparation de phase

Avant tout traitement des hydrocarbures dissous, il convient d'éliminer la phase huileuse libre (LNAPL) par :

  • Séparateur déshuileur gravitaire (type hydrocarbure classe I ou II selon EN 858) pour les concentrations > 5 000 mg/L en hydrocarbures libres
  • Séparateur coalesceur pour les émulsions fines (droplets < 100 µm)
  • Séparateur flottation à air dissous (DAF) pour les émulsions stables

Traitement des hydrocarbures dissous

Charbon actif granulaire (CAG)

Standard pour les BTEX, HAP et hydrocarbures légers solubles. Efficacité > 99% pour le benzène, toluène, éthylbenzène. Durée de vie du charbon : 6–24 mois selon les concentrations. Régénération thermique possible pour réduire les coûts.

Stripping à air

Colonne de stripage pour les composés volatils (BTEX, TCE, PCE). Le dégazage par air est suivi d'un traitement de l'air chargé (CAG, oxydation thermique, biofiltre).

Bioréacteur (BRM — bioréacteur à membrane)

Pour les effluents à fortes concentrations en hydrocarbures biodégradables, les BRM combinent la biodégradation bactérienne et la filtration membranaire. Rendement d'élimination > 99%. Adapté aux grandes installations fixes.

Oxydation avancée (H₂O₂/UV, Fenton)

Destruction chimique des hydrocarbures par génération de radicaux hydroxyles OH•. Efficace pour les composés réfractaires à la biodégradation. Coût élevé ; réservé aux situations spécifiques.